
Après « Sur Commande » – son anthologie de compositions écrites pour d’autres – GARZ revient mettre un coup de pied dans la fourmilière bienséante avec un EP cinq titres un peu sulfureux : « No Sex Tape », sorte de sextape inversée où il est autant question de désir que de solitude contemporaine.
Porté par une esthétique cold wave moderne, l’EP déroule cinq morceaux à l’atmosphère sombre et hypnotique où textures électroniques, beats vintages et textes décalés composent un petit théâtre intime et grinçant — la marque de fabrique du chanteur normand.
Le titre d’ouverture, « Quand est-ce qu’on baise? », en est la pierre angulaire. Chanté en duo avec Cristina, il est volontairement cash, presque provocateur – mais la chanson, en dessous, est plus fragile qu’elle n’en a l’air. La voix de Cristina vient répondre à celle de GARZ dans un dialogue à la fois brut et intime, plein d’humour et d’autodérision.
Ailleurs sur l’EP, difficile d’échapper à la référence Gainsbourg — incontournable dès qu’on parle de sexualité en chanson française — et particulièrement assumée sur « Minette », le troisième titre. GARZ n’ignore rien de ce que cette filiation peut avoir de trouble aujourd’hui, à l’ère post-#MeToo : il préfère l’annoncer franchement plutôt que la maquiller, quitte à déranger certain·e·s auditeur·rice·s.
Derrière l’humour et la provocation, « No Sex Tape » se lit aussi comme un plaidoyer : celui d’un homme qui refuse de renoncer à ses fantasmes sans éluder pour autant le respect du consentement et du désir des femmes. Un cri, une ode à la jouissance, dans une époque qui a parfois tendance à culpabiliser et châtrer le désir masculin plutôt qu’à l’éduquer.
Fidèle à sa démarche indépendante, GARZ a conçu et produit ce projet de A à Z depuis son home studio — sans concession ni filtre, mais bien entouré : Hubert Francq à la basse, Cristina et Syrta au chant, Florian Weber au mixage.