A propos

Garz

Barré

image extraite du clip "ça va mieux"

En 2022, il revient pour en découdre.

Depuis près de 25 ans, Garz ne s’est pourtant jamais barré très loin. Activiste (malgré lui) de l’underground pop hexagonal, Matthieu Garczynski est un stakhanoviste de l’auto-production. Enchaînant les albums, les démos, les cassettes et les disques comme d’autres enchaînent les périodes de doutes, Garz participe depuis longtemps au foisonnement d’une production francophone qui se plaît à explorer les marges, épaulé parfois par une guitare folk, souvent par des claviers vintage ou par des riffs électriques aux allures de cris de guerre punk.

Pour son nouvel album, Garz a affiné sa plume et en fait une arme de destruction massive. Un nouveau chapitre qui commence quand le musicien fait l’acquisition d’instruments électroniques qui lui ouvrent un espace de jeu inexploré. Ce sera le début d’une épopée pop d’où naîtra le très espiègle premier single Ça va mieux. En croisant l’héritage d’une profonde culture de la chanson française avec celui de la new wave et de la synth pop, il semble avoir trouvé le son qui fera désormais son identité sonore. Dès les premières mesures de Barré, on pense aux ambiances sonores de John Carpenter, quelques minutes plus tard à la poésie décalée de Philippe Katerine. Deux figures tutélaires auxquelles l’intéressé préfère la voix et le phrasé de Bashung, influence plus manifeste, mais qui se marient pourtant ici en une improbable harmonie, les dix morceaux s’enchaînant avec la fluidité propre à ces disques qui assument pleinement leur singularité.

Barré marque une volonté d’émancipation, d’échappée définitive. D’où son titre peut-être. D’où ces fulgurances textuelles, qui ont l’humour du désespoir (à moins que ce ne soit l’inverse) : “Je me suis barré dans les Cévennes. C’est là que je me suis ouvert les veines. J’ai mis un terme à ma déveine.” Ou encore : « Chevauchons la bombe atomique, tout en restant décontractés.” Tout un programme. Que le chanteur au charisme débonnaire déroule en suivant une règle simple : se faire plaisir en creusant au plus profond de ses obsessions, en se donnant une liberté totale et un contrôle absolu. Un cahier des charges qui a maintes fois fait ses preuves.

En 2022, Garz tient bon la barre, qu’il a placée bien haute.

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